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Arnaut Daniel |
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Sur cet air joyeux et rond J'assemble et fourbis mes rimes. Fortes et sûres elles seront Quand j'aurai passé la lime. Que l'Amour polisse et dore Ce chant qu'inspire le corps De la Valeureuse que j'aime. Je me sens, à parler clair. Plus pur, meilleur quand je sers La plus aimable des dames. Je suis sien de pied en cap. Bien que souffle vent du nord L'amour qui me pleut au cour Me tient chaud en plein hiver. J'entends et dis mille offices, Cire, huile brûlent haut Pour que Dieu me favorise, Mais me défendre, pourquoi ? Quand je vois ses tresses d'or Pour son corps si svclte et neuf Je donnerais bien Lucerne ! Tant la désire et la cherche Qu'à trop l'aimer je la perds, Si, par amour on peut perdre. Son cour submerge le mien D'un flot que rien ne disperse. La fine usurière tient L'artisan et la boutique ! Si je ne dois revoir celle Qui me brûle et fend le cour. Que m'importent les honneurs, Le pape, Rome, l'empire ? Si elle n'apaise ma peine D'un baiser avant l'an neuf, Elle me damne cl m'assassine ! Malgré le mal que j'endure, Quoiqu'il me tienne en désert, J'aime et veux encore aimer. Car d'amour je fais mes rimes, Besogneux comme au labour. Moins que moi (fût-ce d'un ouf) Moncli aima dame Audicme ! Je suis Arnaut, vent me pousse, Sur bouf lent je cours lapin Et nage à contre-courant. |
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Arnaut Daniel (1150 - ?) |
Portrait de Arnaut Daniel |
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