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François de Malherbe |
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Celle à qui dans mes vers, sous le nom de Nérée, J'allais bâtir un temple éternel en durée, Si la déloyauté ne l'avait abattu, Lui peut bien ressembler du front, ou de la joue, Mais quoi ? puisqu'à ma honte il faut que je l'avoue, Elle n'a rien de sa vertu. L'âme de cette ingrate est une âme de cire, Matière à toute forme, incapable d'élire *, Changeant de passion aussitôt que d'objet; Et de la vouloir vaincre avecque des services, Après qu'on a tout fait, on trouve que ses vices Sont de l'essence du sujet. Souvent de tes conseils la prudence fidèle M'avait sollicité de me séparer d'elle Et de m'assujettir à de meilleures lois; Mais l'aise de la voir avait tant de puissance Que cet ombrage faux m'ôtait la connaissance Du vrai bien où tu m'appelais. Enfin après quatre ans une juste colère Que le flux de ma peine a trouvé son reflux, Mes sens qu'elle aveuglait ont connu leur offense, Je les en ai purgés, et leur ai fait défense De me la ramentevoir plus. La femme est une mer aux naufrages fatale, Rien ne peut aplanir son humeur inégale; Ses flammes d'aujourd'hui seront glaces demain; Et s'il s'en rencontre une à qui cela n'advienne, Fais compte, cher esprit, qu'elle a comme la tienne Quelque chose de plus qu'humain. |
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François de Malherbe (1555 - 1628) |
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Portrait de François de Malherbe | |||||||||
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