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Idriss Issa |
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Pour toi femme dont je n'ai pas encore enjambé le seuil : la rose de fatigue, les arcades de mon âme, le ciel de mon front, les lanternes de mon pas, les épis de ma paume, les lunes de ma tête, le cheval revenu d'une guerre (personne n'est revenu de ses tranchées) et qui s'est logé dans ma mémoire tel un nid de guêpes Descends maintenant dans mon puits et jette tes cailloux, tes agates, les éclairs de tes bagues païennes, couvre mon corps de ton nuage arabe Le large est une lance et la ville une muraille Si mon feu m'assiège, je marcherai vers le feu qui couve (je suis une oasis : abeilles et oiseaux répandent sa verdure jusqu'à l'horizon) Je pourrai verser toutes les cruches de mon vin sur le nombril de la terre dresser une table pour le temps avec ce qui sert de dîner à la mer (Je suis l'enfant sanguinaire, j'ai détrôné mon père et me suis acharné à le tuer puis j'ai fait allégeance au vent du large J'ai intronisé mes langues sur les décombres des palais J'ai exprimé en dansant au bord du feu ce que les tribus n'ont pas dit à la terre J'ai rapproché de la nuit sept fauves, invoqué le nom de la haute cendre et rendu sa liberté à mon fleuve captif) Maintenant, je vais dormir un temps et me réveiller dans le délire du prophète |
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Idriss Issa (1956 - ?) |
Portrait de Idriss Issa |
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