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Jean Anouilh |
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« Mince, alors ! dit la crevette Elevée dans les faubourgs, Ce que ça peut être bête, De'toujours parler d'amour. Moi qui connais les vieux crabes Dont le coin est infesté, Moi qui ai fait les Arabes De la rue de la Gaîté. Pensez si ça m'impressionne Moi, tous ces miaou miaou... Je ne dois rien à personne Je travaille sans marlou. L'amour qui passe à la caisse, L'amour la main sur le cour, C'est toujours la main aux fesses. Les hommes sont des noceurs. Le sentiment c'est tout frime : Ça n'a jamais existé ; Et ceux qui vont jusqu'au crime, C'est parce qu'ils étaient vexés. » Elle dit et sur la plage Un adolescent joufflu, Qui péchait dans les parages, On ne sait pourquoi lui plut Il n'avait pas de tendresse, Comptait la manger tout cru, Elle qui avait fait pièce A tous les pêcheurs du cru, Malgré sa triste dégaine; Subjuguée par ses mollets, Paralysée, incertaine Elle choit dans son filet. Il la cuit, il la dépiaute... L'amour est un accident. Les crevettes sont idiotes. Les femmes ont du bon sens. |
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Jean Anouilh (1910 - 1987) |
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Portrait de Jean Anouilh | |||||||||
CarrièreFormation Biographie de jean anouilh Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux (France). Son père est tailleur et sa mère est musicienne et professeur de piano, elle joue dans un orchestre se produisant sur des scènes de casino en province. OuvreThéâtre |
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