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Jean Anouilh |
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Une jument qui avait Des obligations mondaines (On croit que c'est pour s'amuser : On est une femme de peine) Décida de prendre une ânesse Pour s'occuper de son bébé. Ce n'était pas de la paresse, Mais une jument élégante A une vie si fatigante, Que c'était trop lui demander. Le petit poulain était tendre, Et l'ânesse le léchait bien Il se mit à tout en attendre. L'ânesse ne lui passait rien Mais le comblait de sa tendresse Et le poulain, de jour en jour, Nourri d'herbe tendre et d'amour, Tendrement réprimé à chaque maladresse, Grandit en se persuadant que Malgré les oreilles, la queue, Les mères étaient des ânesses. Un beau jour, passant dans le pré, En se rendant à quelque course, Car elle aimait beaucoup courir (Son maître lui en savait gré Car c'est lui qui palpait les bourses) La jument pensa défaillir En entendant son petit braire. « Ce n'est rien, dit Monsieur Boussac. Il deviendra comme ses frères, Songeons à gagner notre sac. Tantôt, après notre victoire, Je vous expliquerai l'histoire. Les enfants adorent le bruit ! » Ce jour-là, la jument perdit, Trop affectée par cette scène, De plusieurs longueurs à Vincennes. Monsieur Boussac, vexé, la remit au pacage. Et, depuis, elle y vit en sage Léchant et reléchant soi-même son petit. Et l'ânesse mélancolique Redevenue simple bourrique - Car le poulain ingrat ne la reconnut plus - Brouta exprès une mauvaise herbe et mourut |
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Jean Anouilh (1910 - 1987) |
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Portrait de Jean Anouilh | |||||||||
CarrièreFormation Biographie de jean anouilh Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux (France). Son père est tailleur et sa mère est musicienne et professeur de piano, elle joue dans un orchestre se produisant sur des scènes de casino en province. OuvreThéâtre |
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