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Jean Anouilh |
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Quand il eut mangé la grand-mère, Le loup, vaguement écouré, Sombra dans des pensées amères. Il eût voulu être curé ; Se dévouer pour une cause; S'occuper d'enfants, Tous vêtus de blanc, Couronnés de roses, Qu'il emmènerait, dans des processions, A travers les champs aux fleurs innocentes... Il écoutait déjà la mélodie charmante Des cantiques chantés par de jeunes voix aigres... Cette pensée fit un peu diversion, Lui rappela son goût de la jeunesse... Et quand le Petit Chaperon rouge, avec ses tresses Blondes et son air à croquer, parut, Lunettes sur le nez, le regard à l'affût, Dans le lit encore odorant Où le désir qu'on croyait mort reprend, Le loup, qui jouait mère-grand, La jugea seulement un tout petit peu maigre Pour son goût. Ne comptez pas sur les bonnes pensées Des loups repus qui rêvent de tendresse. Pourquoi n'aimerait-on pas tout ? C'est au sortir des lits de leurs maîtresses Que les hommes lavés vont vers leurs fiancées... On les traite de polissons, Il faut les prendre tels qu'ils sont. A chaque aube nous renaissons Et dans le petit matin pâle Au sortir des louches maisons Le péché est une eau lustrale. « Ça ne durera pas », disent les gens aigris... Pour Dieu, c'est toujours ça de pris. |
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Jean Anouilh (1910 - 1987) |
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Portrait de Jean Anouilh | |||||||||
CarrièreFormation Biographie de jean anouilh Jean Anouilh est né en 1910 à Bordeaux (France). Son père est tailleur et sa mère est musicienne et professeur de piano, elle joue dans un orchestre se produisant sur des scènes de casino en province. OuvreThéâtre |
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