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Paul Morin |
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Aurore rose... mandolines crescendo, Matinale fraîcheur des jardins du Lido ; Une femme qui chante à sa croisée ouverte... Des pigeons diaprés frôlent la vague verte. Un vendeur passe, avec de scintillants coraux ; Rêveur, un mendiant prie en fixant les flots. Fontaines sanglotant dans l'albâtre des vasques... Chez un vieil armurier étincellent des casques. Le dauphin, l'hippocampe et les lions ailés Se tordent, écailleux, aux balcons ciselés ; L'oil-de-paon miroitant et le lisse carrare Se glacent de reflets nacrés de perle rare. Rictus rapide et noir de bâillants soupiraux Au pied d'un mur de marbre où flambent des vitraux. Voici la Dogana. La gondole fantasque Emaille sur l'eau d'or une ombre de tarasque... Coupoles de Ziem, palais du Titien, Ô bleu mol et mourant du ciel vénitien ! Saint-Marc. Un doux oiseau qui traverse la place Vole vers moi... divine et familière audace ! Au détour du rio, couloir muet, secret, Dans une niche, blanche de fleurs, apparaît La Madone aux yeux peints, en simarre de soie.. Venise de tourment, de volupté, de joie ! D'autres que moi boiront votre air doré, moiré. Je ne reverrai plus San-Giorgio-Maggiore... Et par ce long canal d'azur et de topaze Faut-il quitter, ce soir, la Ville de l'extase ? |
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Paul Morin (1889 - 1963) |
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Portrait de Paul Morin | |||||||||
BiographieBibliographieDe Paul Morin : |
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