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Paul Morin |
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N'analyse jamais ce cour triste et subtil Qui t'angoisse et te lie, Tu n'y rencontreras, si généreux soit-il, Que la mélancolie. Dissèque froidement cette sincérité Où ton âme se livre... Le plus fol amoureux a toujours imité Les mots de quelque livre. Chasse le souvenir des candides serments De celle que tu aimes, Ton esprit n'y verra que sujets de romans Et matière à poèmes. N'évoque pas non plus les beaux jours consacrés A l'ardente nature, Ta mémoire, depuis, les a dénaturés Par la littérature. Le rapide présent ou le bel avenir Ne charme ni ne touche, Tel baiser donnera le cruel souvenir D'une plus chère bouche. Il te faut ignorer tout sentiment nouveau, Toute tendresse douce, Involontairement, le livresque cerveau Les chasse et les repousse... Mais du laurier, surtout, fuis les amers rameaux, - Tour d'ivoire et d'argile, - Il n'est de calme vrai que parmi les tombeaux, Farouche et sûr asile ! |
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Paul Morin (1889 - 1963) |
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Portrait de Paul Morin | |||||||||
BiographieBibliographieDe Paul Morin : |
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