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Paul Morin |
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Que de fois, dans le soir divin, noble, émouvant, Plein du parfum épars des corbeilles fleuries, Mon cour tumultueux s'est recueilli devant Le paon mourant des Tuileries ! La lionne de bronze offre à son lionceau Le beau corps palpitant qu'une jeune sultane Cherche déjà peut-être, au bruit clair des jets d'eau, Sur quelque terrasse persane... Et toujours, dans les yeux de ce monstre puissant, J'ai vu la joie amère, ardente, satisfaite, D'avoir enfin traîné dans la boue et le sang L'azur d'une orgueilleuse aigrette. Autant que l'a permis un art adolescent, Mes vers, je vous ai faits sincères et sonores ; J'ai dit les jardins bleus sous le rose croissant, Les dieux antiques, les centaures, La douceur de l'Hellade et le bel Orient ; Et vous avez loué, dans mon cour qui s'éveille, La nature où, païen, bondissant, souriant, Je cours de merveille en merveille. Je veux tout ignorer du monde que j'ai fui : L'ami fourbe et furtif, l'amante qui nous laisse, L'importune espérance et l'innombrable ennui, Les pleurs, les haines, la tristesse. Pourquoi chanter l'amour, le doute, la douleur ? Le brûlant univers m'appelle et me caresse ; Vivre est pour moi le seul tourment ensorceleur ; Est-on coupable de jeunesse ?... O mes vers, mourrez-vous, comme l'oiseau meurtri Dont le seul tort était sa cuirasse de flamme, Sous la dent du critique indifférent, aigri, Qui vous blessera jusqu'à l'âme ? |
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Paul Morin (1889 - 1963) |
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BiographieBibliographieDe Paul Morin : |
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