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Paul Morin |
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Ô moite embrasement de ce jour de juillet ! Odorant incendie où la rose, l'oillet, La jacinthe d'argent, la lavande de soie, L'herbe qu'un frelon vert fait osciller et ploie, Grésillent comme autant de petits encensoirs ! Je tends la main, j'étreins ces suaves drageoirs Gonflés de papillons, de poussière sucrée, De sucs luisants et forts, et, pour mes doigts, je crée, Tissés de tiges d'or et gemmés de pistils, De doux anneaux vivants, souples et puérils... Le vent qui tour à tour caresse, émeut, flagelle, Est, plus chaud qu'une bouche et plus léger qu'une aile, Une aphrodisiaque et funeste liqueur ; Il enserre mon front, il danse dans mon cour ; Je sens, plaisir brûlant, plus âpre qu'une fièvre, Ma lèvre s'émouvoir sous sa cruelle lèvre, Et, baisant follement un Us mystérieux, Je hume toute en moi l'haleine de mes dieux ! |
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Paul Morin (1889 - 1963) |
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Portrait de Paul Morin | |||||||||
BiographieBibliographieDe Paul Morin : |
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