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Jean Tardieu |
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Une peinture en mouvement qui tourne autour d'un objet immobile et masqué Des transparences qui deviennent, opaques en chantant avec une voix d'enfant Une musique invisible et silencieuse qui vous donne mauvaise conscience Une montagne de ficelles embrouillées et pleines de fourmis Des colonnades de vaisselle sale, les splendeurs de la pollution Les surfaces rampantes qui se gonflent ei fument dangereusement Des rêves provoqués par une équipe (un analyste, un peintre, un chimiste, un poète, un policier, un masseur) pour ouvrir les coffres et les crânes. Des véhicules inhabitables, des monuments qui pensent pour tout le monde avant de nous dévorer. Un tableau qui s'efface si on le regarde (ou qui se transforme en murmure) Des rires qui soulèvent des orages, des méditations stupides qui s'effondrent et ensevelissent des peuples entiers Un souvenir qui déforme le visage à la vitesse du vent. Une voix monotone que l'on ne peut arrêter car elle habite les cloisons Un théâtre permanent aux dimensions d'une capitale, posé sur de vrais tremblements de terre Un bain d'où l'on sort rajeuni, mais dépouillé de toute chair La barbarie dans le velours, les excréments sur le parvis des temples (ils se déroulent et deviennent cobras) Un miroir qui se referme sur une femme et la déguste lentement L'avenir qui se retourne tout à coup et consume le promeneur. Un parfum pénétrant qui est la clé - mais que l'on perd Une tombe qui vient toute seule quand on l'appelle Un soupir inconnu une horloge abandonnée aux corbeaux Le soleil qui s'éteint sur la mer et ne remontera jamais plus. |
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Jean Tardieu (1903 - 1995) |
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Portrait de Jean Tardieu | |||||||||
Biographie / OuvresNé en 1903 à Samt-Gerrnain-de-Joux (Jura), d'un père peintre (Victor Tardieu. 1870-1937) et dune mère musicienne. Étude.a Paris : Ivcée Condorcet. puis Sorbonne. Suit, dès 1923. les > Entretiens d'été » de Pontigny, où ses premiers écrits poétiques sont remarqués par Paul Desjardins, André Gide, Roger Martin du Gard. Premiers poèmes publiés par Jean Paulhan. en 1927. dans La Nouvelle Revue |
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