Max Jacob |
. Si le printemps avait songé qu'il dût perdre un jour ton sourire son azur eût bientôt changé en sanglots d'orage ou bien pire Si l'hiver est resplendissant de soleil sur la douce neige c'est qu'il croit que je t'aime autant comme alors aujourd'hui le fais-je. Si l'année finit en déroute fleuve sans bouche à l'Océan c'est que le temps avait deux routes le mien n'aura plus de cadran. . Encore durer loin de toi encore attendre de te voir un jour sans le bruit de ta voix attendre un jour ton regard. Ma face est près de ta face quand mes pas la suivront-ils ? Si l'esprit vit dans l'espace le corps ne vit pas sans l'esprit. Puisque seule tu l'animes les yeux perdus ton fiancé cette nuit n'aura de pensées que l'heure et le millésime. Miracle que tout me quitte de ce qui n'est pas de chair pour aller en satellite vivre dans ton univers. Miracle plutôt qu'on subsiste sans son âme et son esprit car Dieu seul est ubiquiste ou les morts du paradis. . Mon Dieu ! voici donc que je T'offre ses regards fixés dans mes yeux son corps si tendre qui m'échauffe c'est ce que je t'offre mon Dieu. L'amour qui fut toute ma vie l'étreinte et les voix du secret le désir et sa mélodie voici cette proie d'émouchet. Je T'offre mes anciennes heures Je renonce aux traces d'espoir aux transports de la chante-pleures j'offre deux faces deux miroirs. Tout est dit, j'offre ma jeunesse qui transperçait mes cheveux blancs Seigneur, c'est dit, je me confesse fermons la porte, allons-nous-en. Ferme la porte offre l'automne j'offre mon printemps mon été voici la neige et je frissonne à franchir le dernier fossé. Renonce, ah ! c'est déjà descendre ô Mort vers tes douteux chaos et j'offre ce cristal scaphandre dont la vertu m'est un tombeau. |
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Max Jacob (1876 - 1944) |
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Portrait de Max Jacob | |||||||||
Orientation bibliographique / Ouvres1903 Le Roi Kaboul l et le marmiton Cauwain. Livre de prix pour les écoles (Picard et Kahn), Paris, Librairie d'éducation nationale, 1904. BiographieIl passe toute sa jeunesse à Quimper (Bretagne), puis s'installe à Paris, où il fréquente notamment le quartier de Montmartre et se fait de nombreux amis dont Picasso, qu'il rencontre en 1901, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani. Juif de naissance, il se convertit au catholicisme. Logeant au 7 de la rue Ravignan, l'image du Christ lui apparaît le 22 septembre 1909 sur le mur La vie et l'Ouvre de max jacobChronologie |
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